Si, durant mon parcours scolaire, j'avais rencontré, un bon professeur de dessin et non un professeur de littérature épris de théâtre et de cinéma, les équilibres auraient sans doute été différents.

Toujours est-il que j'ai reconnu en moi une absolue nécessité de faire des images, d'une manière différée et sans apprentissage scolaire, contrairement au Théâtre et au Cinéma. C'est ainsi que j'ai plongé avec délectation dans les photomontages et sans espoir de durée. Le noir des photos me provoque et m'inspire…

Photos, photomontages, collages, dessins et peintures… Le lien se fait par le papier, mon support de prédilection. Papiers trouvés, vieux et chiffonnés ou d'emballage, tous m'éveillent, m'attirent, guident ma main.

Mon premier photomontage , d'après un photogramme du Dernier tango à Paris, a inauguré mon obsession pour les échelles… Très peu fixé, il s'efface au fur et à mesure du temps qui passe…

Au fil des années, je me suis bricolé un vocabulaire, constitué d'images récurrentes qui approfondissent leur mystère au fur et à mesure du travail , et ce, quel qu'en soit le support ou la surface, la technique ou l'inspiration : Photos, photomontages, collages, dessins et peintures… Mes sujets puisent principalement leurs racines dans le Cinéma…

Photogrammes dénichés dans les cinémas dans lesquels j'ai travaillé… Films obsédants, comme Gertrud de Dreyer, La Peau douce de Truffaut, Une Femme sous influence de Cassavetes… Des photos aussi, d'autres photographes comme celles de Sabine Weiss, Eli Lotar, ou d'anonymes… Des peintures aussi… Trop de noms dans cette litanie de fragments comme autant de stimuli…